dimanche 11 juin 2017

Samedi 10/06 - This Is Not A Love Song (Jour 2)



Fan de musique indie, je me sentais indigne de ne jamais avoir été à Nîmes, pour assister au festival This Is Not a Love Song. Libre ce samedi 10 juin, l’occasion était parfaite pour enfin nous y rendre, afin de voir en live des groupes comme Primal Scream, Echo & The Bunnymen ou Requin Chagrin.

15h20 – 16h : ÉQUIPE DE FOOT
Ouvrir une journée de festival n’est jamais chose aisée, qui plus est pour un groupe peu expérimenté. Équipe de Foot, composé de Mike (Chant – Batterie) et Alex (Chant – Guitare), s’en est plutôt bien sorti. Avec un son noisy, particulièrement influencé par Thurston Moore et Sonic Youth en général, le duo nous a offert une prestation efficace, même si le manque de basse s’est parfois fait ressentir. Notons la proximité appréciable des deux musiciens envers le public, qui a eu le courage d’affronter le plein cagnard.

16h – 16h50 : NORMA
Première artiste à se produire sous la scène Mosquito, face au soleil, Norma n’a pas bénéficié de la foule des grands jours. Malgré quelques titres agréables, comme Girl In The City, l’ensemble s’est avéré tout de même moyen.

17h – 17h50 : JOHNNY MAFIA
Peu nombreux sont ceux qui ont entendu parler de la commune de Sens, hormis peut-être les habitants de l’Yonne. Ce hameau va sûrement faire parler de lui durant les prochaines semaines, grâce à son quatuor punk, Johnny Mafia. Les quatre petits gars ont en effet livré une prestation énergique, à coups de riffs rapides et accrocheurs, avec un supplément non négligeable de grimaces et tirages de langue. Tirant ses influences de bandes comme les Ramones, Sum 41, Pixies ou encore Iron Maiden, Johnny Mafia est, à n’en pas douter, l’un des meilleurs espoirs punks français.


Revoir l’intégralité du concert, filmé par Culturebox :
http://culturebox.francetvinfo.fr/musique/pop/this-is-not-a-love-song/johnny-mafia-a-this-is-not-a-love-song-2017-256453

18h20 – 19h10 : CLAN EDISON
Clan Edison, reformé fin 2016, jouait à domicile. Il n’y avait donc rien d’étonnant à voir un public assez fourni devant la scène Mosquito. L’ensemble s’est avéré plus que correct, mais les sonorités parfois proches des Black Angels et Noir Désir sont un peu dérangeantes. Rien de révolutionnaire, mais l’ensemble était quand même sympa. 

19h20 – 20h20 : ECHO & THE BUNNYMEN
Présentés comme les concurrents des Cure dans les années 1980, les Echo & The Bunnymen étaient évidemment attendus de pied ferme par de nombreux festivaliers. La qualité musicale ne fait pas défaut au groupe Liverpool, avec des titres aboutis et des tubes indémodables, tels que Lips Like Sugar, qui font l’unanimité. Point regrettable tout de même, on ne ressent pas vraiment d’envie : on a l’impression d’avoir affaire à des musiciens blasés, venus sur scène seulement pour faire le job. C’est souvent le problème avec les « vieux » groupes. Dommage.



20h20 – 21h10 : REQUIN CHAGRIN
Pour ceux qui ne connaissent pas Requin Chagrin, il s’agit d’un quatuor de pop français, auteur d’un premier album éponyme prometteur. Leur passage sur la scène Mosquito était attendu par pas mal de spectateurs. Ces derniers ont accueilli la prestation de manière favorable, notamment grâce à la bonne ambiance qui a régné durant près de 50 minutes grâce aux lancers de requin gonflables et autres « slams ». Musicalement, ça sonne comme en CD et des chansons comme Adelaïde et Poisson Lune provoquent quelques stimulations dans les tympans. Toutefois – cela n’engage que moi – j’ai ressenti un léger manque d’assurance sur scène. Est-ce un manque d’expérience ou le cadre de ce festival, assez intimidant ? Je n’ai pas la réponse.



21h10 – 22h10 : JAKE BUGG
La première bonne surprise de la soirée. Dès son entrée sur scène, on sent que Jake Bugg est plein d’assurance, ce qui contraste finalement pas mal avec le concert auquel nous venions d’assister. Oui mais, voilà, Jake Bugg, c’est le genre de mec adulé au Royaume-Uni ; prenons-en pour preuves ses multiples passages à Glastonbury, salués par la critique. Ce soir, le jeune anglais, accompagné de trois musiciens, nous a offert une prestation à la fois rock n’roll et country, avec un enchaînement de titres courts, mais drôlement efficaces. Parmi les temps forts, l’acoustique Broken, particulièrement émouvante, ainsi que l’excellente Lightning Bolt, sur laquelle s’est clôturé le set. Rien à redire.



23h10 – 00h10 : PRIMAL SCREAM
C’est bien beau les concerts, mais il faut aussi se nourrir. Ainsi, la prestation d’Hidden Charm n’a pu avoir raison de nos estomacs. Ce qui finalement, n’était pas plus mal pour se ressourcer avant les très attendus Primal Scream, figures emblématiques de l’indie venue d’outre-Manche. On comprend vite pourquoi le groupe écossais jouit d’une telle notoriété. Une prestation sans faille, teintée de rock et d’électro, accompagnée d’un remarquable jeu de lumières, nous est offerte pendant une heure (qui passe malheureusement très vite). Les morceaux sont très efficaces et Loaded a fait monter la température – déjà élevée – de quelques degrés encore. Le charisme des musiciens et leur sympathie a aussi contribué à notre régal. On comprend mieux pourquoi de nombreux groupes actuels, dont les excellents Kasabian, les citent parmi leurs modèles…


00h10 – 1h00 : HMLTD
Avec Primal Scream, on pouvait légitimement penser que la barre avait été placée (très) haut. C’était sans compter sur l’ouragan HMLTD, qui a tout détruit sur son passage. À la fois glamours et punks, les londoniens nous ont embarqué dans un trip hors-norme durant 50 minutes. Tantôt influencée par Bowie et les groupes de cold-wave, la musique de HMLTD est aussi marquée par des rythmes électroniques, rappelant parfois même le dubstep. HLMTD (anciennement Happy Meal Limited) réinvente le punk. L’ambiance folle et l’euphorie provoquée par chaque mouvement de son charismatique leader, Henry Spychalski, me laisse penser que nous avons peut-être assisté au concert de l’un des plus grands groupes de rock de ces prochaines années. Suis-je fou ? L’avenir nous le dira. Une chose est sûre, cette prestation m’a mis un drôle d’uppercut.



1h00 – 2h00 : THEE OH SEES
Après HMLTD, il fallait se défouler. Et Thee Oh Sees, avec ses riffs lourds et sa double batterie, a permis à tout festivalier qui se respecte de conclure la soirée en sautant partout, sans oublier de secouer la tête de droite et de gauche.
Sûrement pas ce qui se faisait de mieux musicalement ce samedi, mais en live, ce que l’on recherche avant tout, c’est l’efficacité. Et sur ce point, les américains n’ont pas failli.


Le mot de Jane : Le mot d’ordre, c’est que TINALS est décidément un festival sympathique comme on les aime ! Pas de grosses foules de festivaliers en rut qui nous rebutent face aux têtes d’affiches alléchantes que proposent les confrères parisiens. Ce n’est pas ce qu’on vient chercher à TINALS. Au programme : de l’indie, du fun et de l’accessibilité. L’accès aux différentes scènes se fait très facilement durant toute la soirée, et la possibilité d’être très bien placé pour tous les concerts est plus qu’appréciable. 
Il va sans dire qu’il me tardait de voir HMLTD, Primal Scream ou autres Requin Chagrin. Si j’ai été un peu déçue par ces derniers, c’est une véritable claque que j'ai prise par nos compères anglo-saxons Happy Meal Limited. Un son gras, une prestance scénique hors-normes et de l’anticonformisme. Primal Scream a été à la hauteur de ce que j’espérais, et il a été également fort plaisant de découvrir Équipe de Foot, Johnny Mafia, et Rocky, en fin de soirée. Si le show de Echo & The Bunnymen ne m’a pas transcendée, je suis restée agréablement surprise par Jake Bugg, dont la voix nasillarde à la Dylan m’a ravie. 
Merci TINALS ! (Evidemment, nous serons de la partie l’année prochaine !)

Photos par Jane.